Le perfectionnisme, c'est pas juste vouloir bien faire. C'est parfois vouloir plus que ce qui est vraiment demandé. Voici comment on garde ça à l'œil chez Devsights.
Il y a pas longtemps, on a eu une rencontre pour parler d'un client.
Et on avait tellement envie de lui offrir la totale. La fusée pour aller sur la lune, la full équipe, le grand jeu au complet. On aurait été capables. Mais ça aurait été plus, pas nécessairement mieux. Ça aurait répondu à notre envie d'en faire le plus possible, pas à ce que le client avait vraiment besoin.
Puis on est retombé sur la même question qui revient tout le temps chez nous : comment on sait quand c'est suffisant?
C'est cette question-là, justement, qui nous permet de livrer exactement ce dont le client a besoin. Pas plus, pas moins.
Minutie ou perfectionnisme?
Chez du monde exigeant, il y a souvent une façon de penser qui ressemble à ça : soit c'est excellent, soit c'est un échec. Il y a rien entre les deux. Pas de zone grise. Le problème, c'est que cette façon de penser laisse aucune place au « suffisant ». Et le suffisant, la plupart du temps, c'est exactement ce qui répond au vrai besoin.
Cette absence de milieu vient souvent d'une confusion entre deux choses qui se ressemblent mais qui sont pas pareilles. Être minutieux, c'est faire attention aux détails qui comptent. Être perfectionniste, c'est vouloir que chaque détail soit impeccable, même ceux qui changent rien au résultat final. La ligne entre les deux est facile à traverser sans s'en rendre compte, et elle est différente pour chaque personne. Ce qui est suffisant pour l'un peut sembler incomplet pour l'autre.
Le mieux est l'ennemi du bien
Une fois qu'on sait que cette ligne existe, la vraie question devient : comment on sait qu'on l'a franchie? C'est là que le mieux est l'ennemi du bien prend tout son sens. Quand on est capable d'imaginer une meilleure version de quelque chose, c'est presque naturel de vouloir continuer à pousser, même quand ce qu'on a déjà répond parfaitement au besoin. Le vrai test, c'est de se demander si ça respecte les standards qu'on s'est donnés, et si ça répond à ce qui était vraiment demandé. Si la réponse est oui aux deux, continuer à pousser plus loin, c'est pas de la rigueur. C'est de l'inconfort avec l'idée d'arrêter.
Cet inconfort-là, on le reconnaît facilement quand on regarde n'importe qui en train d'apprendre quelque chose de nouveau. Il y a toujours ce moment où on pense avoir tout compris, alors qu'on vient juste de gratter la surface. On se met à parler comme si on savait tout, avec une confiance qui dépasse notre vraie compréhension. Ceux qui sont vraiment allés au bout d'une compétence, eux, savent exactement ce qu'ils ne savent pas. Et ils sont corrects avec ça. C'est cette conscience de ses propres limites qui permet de reconnaître quand quelque chose est suffisant.
Une question de standards, pas d'ego
Dans une équipe où tout le monde a des standards élevés, cette dynamique-là devient encore plus délicate. On l'a réalisé en se parlant : les frictions viennent rarement du fait que quelqu'un travaille moins bien. Elles viennent du fait que le niveau d'exigence diffère d'une personne à l'autre. Quand quelqu'un propose une meilleure façon de faire, la question devient « pourquoi c'est mieux? » plutôt que « comment oses-tu remettre ça en question? ». C'est cette ouverture-là, plus que la compétence pure, qui fait qu'une équipe de perfectionnistes reste fonctionnelle plutôt que destructrice.
Au final, ce qui compte, c'est pas « est-ce que c'est parfait? ». C'est : est-ce que ça respecte nos standards, et est-ce que ça répond à ce que la personne en face de nous avait vraiment besoin? Si la réponse est oui, continuer à chercher la perfection, c'est plus pour soi que pour elle. C'est une phrase simple à dire, mais qui demande de se la rappeler souvent. Parce que le réflexe de vouloir mieux, il revient vite.
Si ce sujet-là te parle, on en jase plus en profondeur dans le dernier épisode de Code 18. Le lien est par ici.
-ÈL


