Il y a quelque chose de paradoxal dans le fait de gagner en expérience.
On s'imagine qu'avec le temps, le doute va diminuer. Qu'on va finir par se sentir légitime. Que le syndrome de l'imposteur, c'est une phase qu'on traverse au début, puis qu'on laisse derrière soi.
Mais dans mon cas, et dans celui de bien des gens que je côtoie, c'est souvent l'inverse qui se passe.
Plus tu sais, plus tu réalises ce que tu ne sais pas
Ça donne le vertige quand on y pense. Plus tu avances, plus le champ de ce que tu ne maîtrises pas s'agrandit devant toi. Pas parce que tu régresses, mais parce que tu comprends mieux la complexité des choses.
En informatique, ce phénomène est particulièrement intense. C'est un domaine tellement vaste, tellement fragmenté, en mouvement constant, qu'il est littéralement impossible de tout maîtriser. Il y a des gens qui dédient leur carrière entière à un seul sous-domaine. Des algorithmes de bases de données. L'orchestration de conteneurs. Des patterns d'architecture spécifiques. Et chacun de ces sujets pourrait remplir une vie.

Alors quand tu travailles sur un projet et que tu dois toucher à dix de ces sujets en même temps, il arrive un moment où tu te sens un peu... imposteur. Pas parce que t'es pas bon. Parce que t'es honnête.
Le piège de la comparaison
On vit dans une époque où on peut, en quelques secondes, aller voir quelqu'un qui est meilleur que soi dans n'importe quoi.
Le cerveau humain n'est pas équipé pour ça. Pendant des millénaires, notre référence c'était notre entourage immédiat, notre communauté. T'étais bon dans ce que tu faisais, les gens autour de toi le voyaient, et ça suffisait pour te sentir utile et capable.
Aujourd'hui, peu importe à quel point tu es compétent, tu es à un clic de te sentir ordinaire. C'est épuisant. Et ça alimente le syndrome de l'imposteur d'une façon que les générations précédentes n'ont pas vécue de la même manière.
La solution n'est pas simple, mais elle commence par reconnaître que cette comparaison-là est truquée. Tu te compares à la crème de la crème mondiale dans chaque discipline, en même temps. Ce n'est pas un standard réaliste, surtout pour notre santé mentale.
Laissons-nous pas arrêter !
Mon syndrome de l'imposteur, il se pointe surtout dans les nouveaux contextes. Un nouveau client, un nouveau problème, une nouvelle dynamique d'équipe. Même quand je connais le sujet, il y a ce petit «ouh là là là» dans le ventre avant de commencer.
Ce que j'ai appris avec le temps, c'est que ce sentiment ne disparaît pas avec l'expérience comme je me l'étais imaginé. Mais il n'a pas à conduire. Ce n'est pas lui qui décide ! C'est moi !

Chez Devsights, on a derrière nous des projets qui ont été livrés à temps, dans le budget, et qui n'ont jamais bugué. Pourtant, avant de les commencer, on était dans le brouillard sur certaines choses. Il y avait des inconnus. Des zones grises. On n'avait pas toutes les réponses.
On y est allés pareil.
Et c'est souvent là que les meilleures choses se construisent. Pas quand tout est certain, mais quand on avance avec ce qu'on sait, en restant curieux pour le reste. N'est-ce pas ça l'agilité après tout ? S'adapter, s'interroger, corriger.
Apprendre à recevoir ses succès
Il y a une autre face du syndrome de l'imposteur qu'on parle moins : la difficulté d'accepter les compliments.
Tu livres quelque chose de bien. Le client est content. Un collègue te dit «beau travail». Et le réflexe, c'est de minimiser. «Ah, c'est correct.» «J'aurais pu faire mieux ici.» «C'est rien, vraiment.»
C'est un effort conscient de s'arrêter et de juste dire merci. De laisser le succès atterrir. D'accepter qu'on a le droit d'être fier.

C'est correct des fois d'être bon. Apprentissage en work in progress !
Ne pas tout savoir, c'est ce qui nous rend utiles
Voici ce que j'ai fini par comprendre : ne pas tout savoir, c'est pas une faiblesse. C'est ce qui nous garde ouverts.
Quelqu'un qui pense tout savoir arrête de poser des questions. Arrête de chercher. Arrête d'écouter réellement. Et c'est là qu'on passe à côté des vrais problèmes.
Chez Devsights, notre curiosité intellectuelle, c'est pas juste une belle valeur qu'on affiche. C'est ce qui fait qu'on creuse pour comprendre le vrai contexte d'un client avant de proposer quoi que ce soit. C'est ce qui fait qu'on reste pertinents même quand le domaine change autour de nous.
Accepter qu'on ne sait pas tout, c'est la posture qui permet d'apprendre continuellement. Et dans un domaine comme le nôtre, c'est ce qui fait la différence.
Alors si toi aussi t'as ce doute qui se pointe à l'occasion, sache que t'es en bonne compagnie. Les gens les plus compétents que je connais sont souvent les premiers à l'admettre.
La question c'est pas de l'éliminer. C'est de ne pas le laisser t'envahir.
Tu veux aller plus loin sur le sujet ? On en jase en toute franchise dans l'épisode 4 de
Code 18, le podcast par Devsights
Disponible sur YouTube, Spotify, Apple Podcasts et toutes les plateformes d'écoute.
Sur ce, à la prochaine!
-ÈL

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